– Coulisses et expertise du bois de tennis de table –

La Raquette de Tennis de Table Biocomposite, raquette au renfort biocomposite posée sur de la fibre de lin

La Raquette de Tennis de Table Biocomposite

Quand la matière devient une partie de la construction

Une raquette de tennis de table est traditionnellement constituée de bois. Mais depuis plusieurs décennies, d’autres matériaux sont venus compléter cette architecture : fibres de carbone, de verre, aramides, puis plus récemment différentes fibres d’origine végétale ou minérale.

Parmi ces nouvelles approches, les biocomposites occupent une place particulière.

Le terme peut sembler simple. Pourtant, il recouvre des réalités très différentes. Une fibre naturelle n’est pas automatiquement un biocomposite, tout comme un matériau biosourcé n’est pas nécessairement biodégradable.

Pour Mamba Blades, cette distinction est essentielle.

Nous ne considérons pas le biocomposite comme un simple argument marketing à ajouter à une raquette. Nous le considérons comme une possibilité de construction, mais aussi comme une voie de recherche : comprendre les propriétés de nouvelles matières, déterminer ce qu’elles permettent de construire et chercher à atteindre un haut niveau de performance tout en réduisant, lorsque cela est possible, l’impact environnemental des matériaux utilisés.

Qu’est-ce qu’un biocomposite ?

Un composite associe plusieurs matériaux différents afin de créer un ensemble dont les propriétés dépendent de cette association.

Dans un composite renforcé par fibres, on retrouve généralement deux éléments principaux :

  • une matrice, qui assure notamment la cohésion de l’ensemble ;
  • un renfort, comme une fibre, qui contribue aux propriétés mécaniques du matériau.

Le terme biocomposite est plus précis.

Il est généralement utilisé pour désigner des composites dans lesquels au moins une partie importante du système est d’origine biologique ou biosourcée, notamment lorsqu’une fibre naturelle est associée à une matrice polymère biosourcée.

Les définitions peuvent toutefois varier selon les domaines et les sources.

C’est pourquoi il faut éviter une simplification fréquente :

fibre naturelle ≠ automatiquement biocomposite.

Le lin, le chanvre ou d’autres fibres végétales peuvent être utilisés comme renfort dans un composite sans que l’ensemble de la matrice soit elle-même biosourcée.

De la même manière, un matériau biosourcé n’est pas nécessairement biodégradable.

Ces nuances sont importantes lorsqu’on parle de matériaux techniques.

Pourquoi travailler avec des fibres naturelles ?

Chez Mamba Blades, notre intérêt pour les fibres naturelles ne repose pas uniquement sur leur origine.

Nous les étudions d’abord pour leurs propriétés intrinsèques et pour ce qu’elles peuvent apporter à une construction de tennis de table : leur comportement mécanique, leur capacité à travailler avec le bois, leur réponse aux sollicitations et les sensations qu’elles peuvent contribuer à créer.

Mais ce n’est pas la seule raison.

Nous sommes également convaincus qu’il est possible de construire des raquettes très performantes avec des fibres naturelles, tout en recherchant une approche plus cohérente sur le plan environnemental.

C’est un choix de fond.

Si notre seule préoccupation était d’obtenir une solution composite performante, nous pourrions nous tourner vers les fibres synthétiques les plus couramment utilisées dans le sport : carbone, aramide, Kevlar ou fibre de verre.

Ce n’est pas la voie que nous avons choisie.

Nous cherchons à savoir jusqu’où il est possible d’aller avec des matières naturelles, sans renoncer à l’exigence de performance qui définit une raquette Mamba.

Performance et impact environnemental : ne pas opposer les deux

Nous ne considérons pas qu’une fibre naturelle soit automatiquement « propre », ni qu’une fibre synthétique soit automatiquement « mauvaise ».

La réalité est plus complexe.

L’impact d’un matériau dépend de son origine, de sa transformation, des traitements qu’il reçoit, des quantités utilisées, de la matrice dans laquelle il est intégré, de la durée de vie du produit et de sa fin de vie.

Mais cela ne signifie pas que toutes les matières se valent.

Les fibres végétales présentent notamment l’intérêt d’être issues de ressources renouvelables et, selon les filières et les procédés considérés, peuvent présenter certains avantages environnementaux par rapport à des fibres synthétiques conventionnelles.

Leur transformation peut également suivre des voies différentes de celles nécessaires à la production de certaines fibres techniques issues de ressources fossiles.

C’est précisément ce potentiel que nous voulons explorer.

Notre objectif n’est donc pas de proclamer qu’une raquette en fibre naturelle est, par définition, écologique.

Notre objectif est plus exigeant :

voir s’il est possible de construire autrement, avec des matériaux dont le profil environnemental peut être plus favorable, sans sacrifier la performance.

Pour nous, la recherche environnementale ne vient donc pas après la recherche de performance.

Elle fait partie du cahier des charges dès le départ.

Pourquoi intégrer une fibre dans un bois de tennis de table ?

Dans une raquette, une fibre ne travaille jamais seule.

Elle est intégrée dans une construction qui comprend également les plis de bois, leur épaisseur, leur orientation, leur densité, leur position dans la palette et l’ensemble de l’architecture.

Le rôle d’une fibre peut donc être très différent selon sa position et selon les matériaux qui l’entourent.

Elle peut notamment participer à la rigidité de la structure, à sa stabilité mécanique ou à la manière dont les contraintes se répartissent lors de l’impact.

Mais il serait trompeur de dire :

« telle fibre donne automatiquement plus de puissance »

ou

« telle fibre donne automatiquement plus de contrôle ».

La réponse d’un bois ne dépend jamais d’un matériau isolé.

Elle dépend de la construction complète.

C’est précisément ce qui rend le travail sur les biocomposites intéressant pour la lutherie sportive.

Le choix de la fibre est déjà un choix de construction

Toutes les fibres naturelles ne se comportent pas de la même manière.

Le lin, le chanvre ou d’autres fibres végétales possèdent leurs propres caractéristiques mécaniques, leur structure et leurs contraintes de mise en œuvre. Les propriétés finales dépendent également de l’interface entre la fibre et la matrice, de l’orientation des fibres, de leur traitement et du procédé de fabrication.

Cela signifie qu’il n’existe pas une « meilleure fibre » pour une raquette de tennis de table.

Il existe des matières différentes, permettant d’explorer des constructions différentes.

C’est cette diversité qui nous intéresse.

Le lin : une première voie explorée par Mamba

Chez Mamba Blades, le lin occupe une place particulière dans nos recherches.

Cette fibre végétale nous a intéressés pour ses caractéristiques propres, mais surtout pour ce qu’elle permet d’explorer lorsqu’elle est intégrée à une construction de bois.

Le sujet n’est donc pas simplement :

« remplacer le carbone par du lin ».

La démarche est plus complexe.

Il faut déterminer où placer la fibre, quelle quantité utiliser, comment elle s’intègre aux plis de bois et quelle réponse l’ensemble doit produire.

La fibre doit trouver sa place dans une architecture cohérente.

Le lin n’est donc pas une décoration technique ajoutée à un bois existant.

Il devient un élément de son architecture.

Le chanvre : une autre piste de recherche

Le chanvre fait également partie des fibres végétales que nous avons étudiées.

Comme pour le lin, notre démarche ne consiste pas à considérer la fibre comme une solution universelle.

Nous cherchons plutôt à comprendre ce qu’elle permet de faire dans une construction donnée.

Une fibre différente peut conduire à une architecture différente, à une autre répartition des contraintes et à une autre sensation.

C’est précisément cette diversité qui rend les biocomposites intéressants pour la lutherie sportive.

Et le basalte ?

Le basalte apporte encore une autre perspective.

Il ne s’agit pas d’une fibre végétale : les fibres de basalte sont des fibres minérales produites à partir de roche volcanique. Elles appartiennent donc à une famille de matériaux différente des fibres végétales comme le lin ou le chanvre.

Pourtant, elles peuvent elles aussi être intégrées dans des constructions composites.

Cette distinction est importante chez Mamba.

Nous ne cherchons pas à réunir sous le même terme des matériaux qui n’ont pas la même origine.

Nous cherchons à explorer ce que chaque matière permet de construire.

Le basalte nous intéresse ainsi pour des raisons différentes du lin ou du chanvre, et il doit être étudié selon ses propres caractéristiques.

Une raquette biocomposite reste avant tout une raquette

Le joueur ne joue pas avec une fibre.

Il joue avec une raquette complète.

Ce qu’il ressent dépend de l’ensemble :

  • les essences de bois ;
  • leur épaisseur ;
  • leur position ;
  • la structure composite ;
  • le poids ;
  • l’équilibre ;
  • le manche ;
  • les revêtements ;
  • et la manière dont tous ces éléments travaillent ensemble.

Une fibre peut modifier le comportement d’une construction, mais elle ne définit pas à elle seule la personnalité d’un bois.

C’est pourquoi deux raquettes utilisant une même fibre peuvent produire des réponses très différentes.

Pour nous, cette idée est fondamentale.

Le matériau est une partie de la réponse. La construction lui donne son sens.

Pourquoi ne pas simplement utiliser du carbone ?

La question mérite d’être posée.

Les fibres de carbone, d’aramide ou de verre sont des matériaux techniques éprouvés. Elles permettent de construire des structures performantes et offrent des propriétés parfaitement intéressantes pour certaines applications.

Mais Mamba n’a jamais eu pour ambition de reproduire simplement les solutions les plus courantes du marché.

Nous voulons explorer d’autres possibilités.

Le lin, le chanvre et, dans une autre famille, le basalte, nous permettent de poser une question différente :

peut-on construire une raquette techniquement exigeante en donnant davantage de place à des matières différentes de celles habituellement utilisées ?

C’est une recherche de performance, mais aussi une recherche de cohérence.

Et cette cohérence est importante pour nous : choisir une matière pour ses qualités techniques, tout en cherchant à réduire autant que possible les transformations lourdes, les ressources fossiles et les matériaux difficiles à valoriser en fin de vie lorsque des alternatives pertinentes existent.

Nous ne prétendons pas avoir supprimé tout impact.

Nous cherchons simplement à faire mieux, matière après matière, construction après construction.

La biocomposite selon Mamba Blades

Notre approche de la lutherie sportive repose précisément sur cette relation entre matière et construction.

Nous ne cherchons pas à reproduire une recette industrielle.

Nous cherchons à comprendre chaque matériau, à tester ses possibilités et à déterminer comment l’intégrer dans une architecture cohérente.

Le travail peut commencer par une fibre.

Puis viennent les essais, les différentes constructions, les épaisseurs, les associations avec les bois et les observations sur le comportement du prototype.

Certaines pistes sont abandonnées.

D’autres sont améliorées.

Et certaines finissent par devenir des modèles.

C’est ainsi que nous concevons nos recherches sur les matériaux composites et biocomposites.

Des années de recherche derrière un modèle

Un bois intégrant une fibre naturelle ou minérale ne naît pas au moment où il apparaît dans un catalogue.

Il peut être précédé par de nombreux essais, des prototypes et des constructions qui ne seront jamais commercialisés.

Cette phase de recherche est essentielle.

Elle permet de passer de l’idée :

« cette matière semble intéressante »

à une question beaucoup plus concrète :

« qu’est-ce que cette matière permet réellement de construire dans un bois de tennis de table ? »

C’est cette deuxième question qui nous intéresse.

Nos recherches sur le lin, le chanvre et le basalte s’inscrivent dans cette démarche.

Chaque matière ouvre une voie différente.

Et chaque voie demande sa propre construction.

Une autre manière de concevoir les matériaux

Les biocomposites ne sont donc pas une catégorie magique de matériaux qui rendrait automatiquement une raquette plus performante ou plus respectueuse de l’environnement.

Ils représentent plutôt un champ de recherche et de construction.

Pour Mamba Blades, leur intérêt réside dans cette possibilité de travailler autrement avec les matériaux, d’explorer des associations nouvelles et de rechercher une réponse précise à travers la construction.

Nous voulons démontrer qu’il est possible de rechercher la performance autrement.

Avec le lin.

Avec le chanvre.

Avec le basalte.

Avec le bois.

Et avec toutes les combinaisons que ces matières peuvent permettre d’imaginer.

Le lin nous ouvre une voie.

Le chanvre en ouvre une autre.

Le basalte nous permet d’explorer encore une autre réponse.

Et derrière chacun de ces matériaux, il y a la même démarche :

comprendre la matière, construire avec elle, mesurer ce qu’elle apporte et décider si elle mérite de devenir un bois Mamba.

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